Acheter un vélo de seconde main, bonne affaire ou bonne galère ?

Acheter un vélo de seconde main, bonne affaire ou bonne galère ?

Le vélo et la seconde main, c’est une affaire qui roule depuis longtemps. On trouve des vélos d’occasion chez certains vélocistes mais la grande majorité est vendue entre particuliers via les sites de petites annonces.

En 2018, ils représentaient 26% du total des vélos vendus soit 621000 ! Depuis la fin du confinement S01E01, les chiffres ont carrément explosé. L’opération coup de pouce lancée par le gouvernement a permis de sortir et réparer 900000 vélos entre mai et novembre. En parrallèle, la demande mondiale exceptionnelle a créé une pénurie de pièces détachées (et donc de vélos neufs), ce qui a profité à la vente entre particuliers.

J’ai moi même toujours acheté mes vélos d’occasion sur des plateformes d’annonces. Il y a deux ans, ma motivation première était de trouver un vélo vintage en bon état et au meilleur prix.

Après des centaines d’annonces scrollées en filtrant sur les -100€, je tombe sur 2 ou 3 vélos d’un même vendeur que je m'empresse d'aller rencontrer à l’autre bout de Paris. Je teste un peugeot des années 70 sur quelques dizaines de mètres et ne connaissant pas la mécanique vélo, je n’ose pas trop commenter mais il roule.

Je pouvais passer les vitesses et freiner.

Mon analyse technique s’arrêtant là, je jette mon dévolu sur ce peugeot demi-course.

Entre particuliers il y a un principe, il faut négocier ! Devant cette injonction et en anticipant la question des copains, je me lance sans argument technique et une capacité debluff proche du néant.

Coût final : 70€.

J’étais très content sur le coup mais j’ai assez vite déchanté. Après avoir crevé 2 fois de suite, je me rends compte qu’il fallait changer les pneus trop usés.

Et un cable de frein qui a laché la semaine suivante (j’ai donc changé les deux).

Et la chaîne qui avait roulé plus que de raison…

Coût à la fin du 1er mois : 160€

Mais je continue à clamer fièrement qu‘il m’a coûté 70€. Bonne affaire hein ? il faut garder la face.

Fort de ces réparations, je me lance confiant dans un tour de Bretagne à vélo en solitaire. En novembre, ca allait forcément nous réconcilier ! Et ca a marché. Ce fut une découverte merveilleuse des côtes de granit du finistère et des sentiers inexplorés de mon âme.

Mais à mon retour à Paris, la patte de dérailleur plie — alors en danseuse sur ce vélo avec lequel je fais désormais corps — et le dérailleur vient se bloquer dans la roue.

Je chute.

Plus de peur que de mal, mais mon vélo n’est pas réparable cette fois.

Bilan : J’ai eu ce vélo 5 mois, je l’ai amené chez 3 réparateurs, il m’a côuté plus du triple du prix en réparation et aurait pu me coûter un accident.

Bonne galère ! Et je dois tout recommencer…

Au début de confinement, je m’y mets. Je souhaite acquérir un vélo de route cette fois. Pour aller au boulot mais aussi pour s’évader de la ville et profiter de l’île de France entre amis le week-end.

D’occasion toujours. Non plus pour le prix mais par conviction qu’à budget équivalent (entre 200 et 300€) et sous réserve que le produit soit en bon état, je peux trouver de la bien meilleure qualité qu’en neuf.

Fort de mon expérience, je souhaite un vélo fiable mais je suis toujours assez néophyte. J’écume les annonces des vélos autour de moi (confiné à Lille): 1439 résultats répartis sur 36 pages !

La liste est longue et les résultats sont très hétérogènes (ce qui fait le charme des petites annonces) :

Beaucoup ont des photos floues ou mal cadrées.

Nombreuses sont les annonces aux titres et descriptions subjectives et très incomplètes.

Alors que d’autres se contentent d’argument d’autorité “Mon vélo il est en bon état” en doublant le sujet pour doubler sa force de persuasion.

Alerte, je continue mes recherches plusieurs jours durant. Je flaire le vélo volé à deux reprises, lorsqu’on me donne rendez-vous sur le parvis d’une gare. J’ai appris depuis que le “recel” de vélo était passible de 5 ans de prison et de 375000€ d’amende…

Enfin, je vois ce veneto des années 90 qui me fait de l’oeil car il est beau, la description a l’air sérieuse et le propriétaire passionné est sympathique.

Avant le rendez-vous, je regarde quelques tutos indiquant les points à vérifier pour ne pas “se faire avoir” lorsqu’on achète un vélo d’occasion. J’essaye tant bien que mal de retenir ces règles d’or mais arrivé sur place et faisant face au vélo, j’oublie tout.

J’appuie sur les leviers de freins, OK.

Je malaxe les pneus avec mon pouce. Ils sont gonflés.

Je le regarde, sous tous les angles faisant mine de m’y connaître.

“Oué pas mal” finis-je par dire, suintant à l’idée de la négociation à venir.

“Je peux le tester ?”

Je roule, il est vif, il a l’air de bien fonctionner.

Alright, je le prends. Je négocie pas.

Heureusement, c’est un très bon vélo, bien entretenu et qui m’emmène partout en île de France. Cet été, on a même rejoint l’île de ré depuis Paris à deux. Une belle histoire d’amour…

Et une bonne affaire ! Mais quel chemin de croix pour un néophyte.

Développer les marchés de seconde-main est une nécessité absolue dans tous les secteurs ( mode, automobile, livres, décoration, electronique…). Tout ce que l’on pourra éviter de produire neuf sera une économie de matières premières non négligeable dans cette course contre la montre pour limiter le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources naturelles.

L’objectif n’est évidemment pas de supprimer la production, ce qui n’aurait aucun sens, mais plutôt d’acheter neuf uniquement lorsque mon besoin ne peut être satisfait par la réparation, le réemploi, l’emprunt ou l’achat de seconde-main.

Pour que ces nouveaux marchés obtiennent l’adhésion et se démocratisent il faut que l’expérience client soit à la hauteur : qualité du produit, confort d’achat et service avant, pendant et après la vente. Un sacrifice sur ces points ne me semble pas une stratégie efficace pour appeler au changement des modes de consommation.

L’idée de Boussole était née :

Vendre des vélos de seconde-main de qualité révisés par des mécaniciens professionnels en proposant une expérience aussi confortable et sécurisée que lorsque l’on achète du neuf.

Depuis, tout est allé assez vite. J’ai quitté Bergamotte après 6 ans d’une magnifique aventure et j’ai rencontré François, mécanicien expert en vélo depuis 15 ans qui partage cette idée et prône les mêmes valeurs.

Nous avons un atelier à Clichy dans lequel nous stockons les vélos de qualité que nous sélectionnons et achetons aux particuliers et professionnels.

Après un diagnostic précis, nous les révisons point par point en les démontant. Nettoyage du cadre, nettoyage des pièces, tout y passe jusqu’au remplacement des pièces usées ou trop abimées pour que le vélo soit prêt à vivre un nouvelle vie.

Notre modèle est pour l’instant basé sur des ventes éphémères en ligne. Tous les mois, nous proposons entre 35 et 40 vélos prêts-à-rouler disponibles le temps d’un week-end. Premier arrivé, premier servi !

Nous proposons la livraison partout à Paris et sa première couronne ou un retrait à l’atelier. Enfin, nous offrons une révision du vélo jusqu’à 3 mois après l’achat.

Vous souhaitez acheter ou offrir un vélo de seconde-main sans risque de galères ? Laissez-nous votre email ici pour être tenu au courant des prochaines ventes ! 


2 commentaires

  • Mathieu Menossi

    Bravo ! Beau texte, belle idée, beau travail !

  • Pils Decarpigny

    Bravo pour ce projet!
    Pleins de réussites à vous ;)


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